samedi 10 janvier 2009

Ecoutez Stéphane Hessel. Une voix autorisée.

Entretien avec Stéphane Hessel sur le conflit à Gaza. journal de 13 heures France Inter Janvier 2008.

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Stéphane Hessel, l’éternel indigné

(Source Amnesty France)


Il a intitulé son autobiographie Danse avec le Siècle. Comment mieux traduire en une périphrase une vie aussi remplie et en phase avec son temps ?

Stéphane Hessel est un homme hors du commun. Il naît en octobre 1917, à Berlin, alors qu’une page se tourne dans l’histoire du monde : dans les jours qui suivent, l’empire de Guillaume II connaît un effondrement annonciateur du séisme hitlérien, tandis que, plus à l’Est, la révolution bolchevique génère le plus grand espoir et la plus grande désillusion du siècle. Il naît donc allemand, de parents écrivains qui viendront vivre à Paris en 1924 la révolution artistique et intellectuelle des années Montparnasse. Stéphane a alors 7 ans. Il est l’enfant d’un trio amoureux immortalisé par le roman puis le film Jules et Jim.


Genèse sans doute du non-conformisme qui ne le quittera jamais. Profondément attaché à la culture allemande de sa naissance, il choisira pourtant à 20 ans la nationalité de Voltaire et Hugo. C’est cela plus que ses origines juives qui le mène à Londres en 1941. Reçu par de Gaulle, il s’engage dans la France libre. Parachuté en France, arrêté par la Gestapo en juillet 1944, déporté à Buchenwald et Dora d’où il s’évade, il entre au Quai d’Orsay en 1945. Commence alors une carrière de diplomate engagé au service de la France, mais aussi et surtout d’une certaine idée de l’homme.


Citoyen du monde, il sera l’un des rédacteurs de la DUDH de 1946 à 1948, le représentant de la France auprès des Nations unies à Genève, de 1977 à 1981, et le président de la délégation française à la Conférence mondiale sur les droits de l’homme de Vienne, en 1993. Ambassadeur permanent de la France, il reste un infatigable militant des droits humains. Médiateur à Saint-Bernard en 1996 dans l’affaire des sans-papiers, engagé perpétuel dans la défense des sans-logis et des démunis de France et du monde, cet homme dont le cœur penche à gauche, ancien collaborateur de Mendès-France, n’a de cesse de s’attaquer aux injustices du présent et à travailler à l’avenir.


À 91 ans, son souci premier est le destin de l’humanité au xxie siècle. C’est à ce titre, qu’aux côtés entre autres de Michel Rocard, Joseph Stiglitz, Mary Robinson, Jürgen Habermass, il est la cheville ouvrière du Collegium international éthique, scientifique et politique qui s’est donné pour tâche de proposer aux Grands de ce monde des solutions aux nouveaux défis de la planète.

B. D.

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